Je profite de l’anniversaire d’un ami dans un bar du 11e pour exhiber cette nouvelle coupe, que personne n’a remarquée. Une petite coupe insignifiante à 50 euros qui donne juste l’illusion que j’ai les cheveux gras, que la journée de travail a été rude, et que j’ai pris 10 ans depuis l’avant-veille.

C’est à dire que jeudi après-midi, comme tous les jeudis, j’évitais ma femme de ménage (rester là en sa présence me met mal à l’aise : je me sens trop colonialiste) et j’hésitais, comme occupation, entre la FIAC, l’achat de cadeaux d’anniversaires, et un tour chez le coiffeur. Parce que l’art moderne c’est vraiment de la blague, et que l’achat de cadeaux a pris beaucoup moins de temps que prévu, j’ai conclu qu’après an et demi sans coupe il était urgent d’y remédier. Je me suis donc mise en quête d’un salon de coiffure. Je suis passée devant plusieurs devantures en cherchant à travers la vitre comment les gens étaient coiffés et je ne sais pas pourquoi, dans tous les salons, les coiffeurs étaient des hommes et ils étaient tous chauves. Je ne sais pas si c’est typique du jeudi. Toujours est-il que je rechigne un peu à me faire couper les cheveux par quelqu’un qui n’en a pas, ça n’augure rien de bon.

Je continue donc ma quête, et je trouve un Camille Albane, je me dis que c’est une chaîne connue, que ma soeur y va souvent et en ressort bien coiffée, et bien que le salon soit totalement désert, pas plus de coiffeurs que de clients, je m’y risque. Mon pas résonne à l’intérieur, je demande si il y a quelqu’un, une fille arrive en courant et me dit de m’installer au 1er étage, je m’exécute, on me présente le coiffeur. Il est chauve. La suite, vous la connaissez.