Ma super amie qu’on appellera « Ségolène » est revenue de Montréal pour 2 semaines de vacances parisiennes et a décidé d’en profiter pour fêter son anniversaire à la Bellevilloise, à l’occasion d’une soirée burlesque. Après le diner au restaurant du lieu avec ses amis versaillais nous avons rejoint la fête où m’attendait Bu, escorté de « Chuck », l’ex que j’ai largué en juin dernier. Le problème de Chuck est qu’il n’a toujours pas compris que notre relation était bien finie, et qu’il espérait qu’avec cette rentrée, tout reviendrait comme avant. Il a donc collé Bu pendant 1 jour et demi dans l’espoir d’être présent à cette soirée et de me convaincre de notre relation; or s’il a bien réussi à être de la partie, il n’a pas réussi à me convaincre. C’est ainsi qu’après une énième et ultime discussion dans le sous-sol de la Bellevilloise, sur fond de films pornos et de filles surmaquillées en petites tenues, il a convenu qu’il préférait ne plus me voir et m’a fait ses adieux.

Peu après, je dansais innocemment avec ma bande au 1er étage, quand soudain un type se propulse sur moi et m’embrasse la joue avec une insistance non dissimulée, laissant le reste du groupe pantois. C’était Le Goitre.

Le Goitre, c’est ce type que j’ai rencontré sur un site en août et qui, comme son nom l’indique, en est pourvu. Après un été difficile je m’étais inscrite dans un moment de blues, et après 4 rencontres j’avais jugé que celui-ci était peut-être le mieux, sans être toute fois complètement convaincue. Après 2 rendez-vous et un mince baiser, il partait en vacances 20 jours au Japon, je pensais qu’ainsi je n’aurais plus de ses nouvelles et pourrait reprendre ma routine; mais c’était sans compter sur internet et la générosité des textos de ce monsieur. Il est revenu comme prévu, nous nous sommes revus, ça a été un peu plus chaud que les rendez-vous précédents et nous avons partagé une semaine commune à Paris avant que ce soit mon tour de partir en vacances en septembre. N’étant toujours pas convaincue par cette idylle naissante, j’avais décidé que je profiterais de ce voyage pour ne jamais reprendre contact, faire un peu comme si je n’étais jamais rentrée. C’est alors que son côté psychopathe a commencé à se manifester. Tout d’abord le matin de mon voyage, j’étais levée depuis 7h à finir ma valise, quand soudain l’interphone retentit : c’était Lui. Ca ne m’arrangeait pas du tout mais je lui ouvre la porte. Il débarque fièrement muni de petites viennoiseries, mentionnant qu’il n’allait pas me laisser partir sans un dernier « bisou » : je lui offre ce bisou pensant qu’il va repartir mais non, il s’installe, et me regarde faire mes sacs en stipulant qu’il ne me dérangera pas. Ma soeur qui se réveille à ce moment là n’a pas pu s’empêcher d’éclater de rire en voyant la scène, lui immobile ne sachant où fourrer sa carcasse, me regardant m’agiter dans un état de nervosité latent. Puis vient l’heure du départ, il m’escorte jusqu’au départ des bus à Porte Maillot, faisant ainsi la connaissance malgré moi des amis avec lesquels je partais. Je me souviens encore de la remarque grimaçante de « Joël » en l’apercevant « mais qu’est-ce que c’est que ça ? ». Le Goitre n’a quitté le parking que lorsque notre bus a fermé ses portes. J’étais horriblement gênée et tellement contente de partir pour ne plus jamais le revoir. Quelle ne fût pas ma surprise (et mon désarroi) quand il m’a harcelée de textos pendant toutes mes vacances. J’y répondais au début puis plus du tout. J’élaborais secrètement avec mon équipe ma technique de rupture, on s’est mis d’accord sur un « il faut qu’on parle » envoyé par texto depuis la France au retour (pour pas qu’il me rappelle directement si j’avais été en Espagne car ça m’aurait couté une fortune). Evidemment il m’a rappelée tout de suite, mais étant encore à l’aéroport à attendre mes bagages, ça ne m’arrangeait pas de répondre, j’ai donc ignoré ses appels. Nous plaisantions déjà du fait qu’il pourrait encore m’attendre à l’arrivée des bus, et j’avais élaboré une stratégie pour me déguiser en Joël et m’enfuir discrètement au cas où. Mais heureusement il n’était pas si mentalement dérangé et chacun a repris le trajet de sa maison. J’arrive dans ma rue quand je distingue au loin une silhouette, au fur et à mesure que je me rapproche je le reconnais : c’est encore Lui. Il m’attend en bas de chez moi depuis qu’il sait que je suis rentrée. Je le fais monter pour qu’on parle, comme annoncé dans mon texto. Là il y a eu embrouille : il a demandé à prendre la parole le 1er et m’a fait tout un discours sur le fait qu’il avait surement été trop rapide quand il avait parlé de notre premier anniversaire des 1 mois, et qu’il se proposait de ralentir et qu’on reprenne là où on en était resté. Je lui explique que c’est pas le problème des 1 mois c’est juste que je ne suis pas dedans et que je vais réfléchir à sa proposition mais qu’à priori ça ne sert à rien. Je parviens finalement à le mettre dehors tandis qu’il me dit que quand on aura repris notre « relation » je pourrais même choisir la date exacte de notre anniversaire…

Bref quelques évènements plus tard on est censé avoir bien rompu, et le croiser par hasard à la même soirée que moi me fait légèrement flipper. Je me demande en fait jusqu’à quel point c’est du hasard. Il s’immisce dans mon groupe d’amis qui le dévisage se demandant qui il est, d’autant qu’il est peinturluré de rouge à lèvres de la tête au nombril et qu’il est encore plus effrayant comme ça.

S’en suit une soirée que Ségolène définirait de type Benny Hill, où on a pu me voir gravir les étages et redescendre les escaliers pour réapparaitre par des sortes de passages secrets afin d’échapper tantôt à Chuck, tantôt au Goitre, et tout le monde se cherchait tout le temps. Le film porno tournait en boucle sur l’écran, Chuck est parti les larmes aux yeux, Le Goitre est resté, Bu a embrassé l’amie du Goitre dans un recoin, et je suis rentrée avec Ségolène dans la nuit.

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